Frédéric Livyns – L’obscur

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2008
L’inspecteur Vernan est en charge de la plus grande affaire criminelle de l’histoire de son district. Un massacre monstrueux commis au sein d’une secte inquiétante que les journalistes n’ont pas hésité à nommer Les Démons de Francheville.
2011
En emménageant dans leur nouvelle maison, Virginie espérait que cela ressouderait les liens familiaux mis à mal. Mais très vite, des choses étranges se produisent: des ombres semblent se faufiler la nuit, des murmures se font entendre, ses parents se mettent à agir bizarrement…Le havre de paix qu’elle avait imaginé se transforme lentement en piège impitoyable.
Bien décidée à résoudre le mystère qui plane sur la demeure, elle croisera la route de l’inspecteur Vernan . L’homme est toujours obsédé par le massacre qui a eu lieu dans la bâtisse bien des années plus tôt et semble en savoir plus qu’il ne veut le dire.
Lorsque de nouveaux meurtres sauvages se produisent dans le quartier, le policier et l’adolescente fouilleront dans le passé pour trouver la clé de l’énigme.
Et ce qu’ils y découvriront dépassera de loin le pire de leurs cauchemars !


Si il y a un livre qui porte bien son nom, c’est L’obscur de Frédéric Livyns. Si le fantastique, le paranormal, les démons et les phénomènes inexplicables vous font jubiler, alors vous êtes entre de bonnes mains en vous tournant vers cet auteur et ce livre.

Ma lecture a été à l’image de l’intrigue. Elle a démarré tout doucement, à tâtons presque, en prenant son temps. Je suis entrée assez facilement dans l’histoire, mais comme à chaque fois qu’on aborde la peur, le paranormal et le fantastique, je me suis méfiée. Ce livre et cet auteur avaient beau m’avoir été conseillés par une personne à la fois lecteur difficile à combler et auteur auquel j’ai succombé, je n’en restais pas moins sceptique. Oh bien sûr, j’y suis allée les yeux fermés, mais enfin, je me disais bien que j’avais une chance sur deux que la magie n’opère pas sur moi. Avec le fantastique, je reste sur mes gardes. Pire, mes a priori ont tendance à me gâcher l’expérience.
Je me tenais donc bien droite dans mon fauteuil, prête à dégainer toutes formes de mécontentement à cause de « déjà vu » ou de clichés, un coussin sur les genoux, sur lequel j’avais délicatement posé mon livre. Et plus l’histoire avançait, plus le côté obscur de l’intrigue apparaissait, et plus je m’enfonçais dans mon nid douillet jusqu’à me retrouver dans une position improbable que j’appelle, affectueusement, la position du lecteur captivé. Oui ça n’est pas très recherché, mais je ne suis pas ce qu’on appelle une créative. J’étais à deux doigts de glisser le long du repose-pieds et à me retrouver avec le postérieur sur le parquet, totalement détendue et hypnotisée par l’histoire. Détendue, mais pas pour longtemps.
Parce que tout à coup, sans que je ne le sente vraiment venir (c’est toute la beauté de la chose) l’intrigue s’est emballée. C’est un peu comme si je m’étais contentée d’une route plate à vélo, et que soudainement, une pente était apparue devant moi, et que je m’étais laissée porter. Enfin laissée porter… non ! Je n’ai pas eu le choix en fait. Et puis en plus, les freins ne fonctionnaient pas. Plus j’avançais, plus ça allait vite, et plus le vent de phénomènes venait me fouetter le visage. Sans parler des violentes bourrasques de révélations sur le passé mystérieux de la maison, des phénomènes, et leur explication. Ah ça pour avoir peur, j’en ai eu des frissons et des sursauts. On ne peut pas dire que la balade fut très reposante ! J’en ai vu du paysage, et pas des plus beaux.. Brrr j’en frissonne encore.

L’obscur, vous l’aurez donc compris, est un roman fantastique qui vous fiche une sacrée trouille. C’est l’histoire d’une famille qui pense se reconstruire et ressouder ses liens en emménagent dans une nouvelle maison, à une centaine de kilomètres de leur ancien lieu de vie. Un nouveau départ, une nouvelle vie. Et puis pas du tout. Pas de poltergeist, pas d’apparition à proprement parlé, pas de screamer, et pour rencontrer le diable aux grandes cornes on repassera. La peur ne nécessite pas forcément multiples effets spéciaux terrifiants pour être réveillée. Non plus que quelques créatures dégueulasses surgissent de l’obscurité (même si j’adore ça), et que trois casseroles se mettent à voler vers l’infini et dans le placard. Non parfois il suffit qu’un personnage ait la bonne expression physique à en faire frémir un mort, qu’une rumeur soit suffisamment dosée tout en étant inquiétante, qu’un fait soit relaté avec suffisamment de suspense et de « paranormal » sans tomber dans l’invraisemblable, pour que la magie opère et que la peur s’empare du lecteur. Sur ce point, on est en plein dedans avec ce roman. Il n’y a rien d’extraordinaire ou d’innovant en soi dans les phénomènes, mais la manière dont ils sont relatés et mis en scène est (bien) faite pour que les frissons parcours le dos du lecteur et que ce dernier ne puisse résister à d’agréables soubresauts. On se surprend à surveiller son environnement, à tendre l’oreille pour vérifier que personne ne chante ou ne marche dans le grenier ou la cave – au choix – et c’est cette peur-là, qui me fascine tant. Celle qui quitte l’œuvre que je savoure, pour se répandre dans ma réalité. Que les faits qui se produisent dans le livre sortent des pages pour s’infiltrer dans mon cerveau et que ce dernier me lance des signaux en me disant « eh cocotte, écoute le parquet qui craque« . Et c’est ensuite le rythme cardiaque qui s’accélère, le coeur qui bat de plus en plus fort, les poils qui se redressent, l’imagination qui pète un câble et vous fait entendre une mouche qui pète, et là pour le coup, je deviens créative ! Bon, en l’occurrence, c’était simplement le chat, mais ça a fonctionné ! Et quand une œuvre arrive à me faire avoir peur d’un chat, c’est que c’est réussi !

J’ai donc adoré ce roman. J’ai tellement angoissé, et même en écrivant cette chronique, que je n’ai pu rester sérieuse. Il a fallu que monsieur humour vienne fourrer son nez dans mes affaires, histoire de relativiser la chose. Un très bon roman fantastique donc, qui ne vous fera pas passez que des bons moments, surtout la nuit. Enfin de mon côté je n’ai pris aucun risque, je l’ai lu de jour.
Seul petit bémol, le texte mériterait quelques corrections. Rien de bien méchant, mais enfin.

Pour ce qui est de la partie la plus importante à mes yeux lorsqu’on aborde l’horreur et les phénomènes étranges/paranormaux/inexplicables, à savoir l’explication de la présence de ces phénomènes, je n’ai pas non plus été déçue. Il y a des justifications parfois tellement tirées par les cheveux, à la limite du risible et du non plausible, qu’elles gâchent des œuvres entières. Bon là de mémoire, je dirais Sinister… Ce film m’a tellement déçue, énervée, gonflée, que c’est un des rares films que je ne conseillerais qu’à une personne dont je souhaite gâcher la soirée… Pour les autres, je le déconseille. Et ça, c’est très rare. La cause de tout ça ? La fin, le dénouement, les explications. Déjà que j’ai attendu pendant 1h30 qu’il se passe quelque chose – la faute au synopsis qui spoile tout le film -, en plus on me sort une explication totalement absurde en guise de fin.
Dans L’obscur, les derniers mots s’emparent du ventre du lecteur et tord chaque millimètre de peau dans tous les sens. Un feu d’artifice d’horreur, de démon, de délivrance et d’émotions qui font pleurer les yeux. Une fin en forme d’apothéose qui apporte un sens au titre du livre, mais aussi toutes les explications nécessaires qui font que l’on commence à croire dur comme fer que ce que l’on vient de lire semble plausible, réel. Le doute s’installe, même quelques secondes, et en y repensant, on espère vraiment que l’on ne se retrouvera jamais face à ces phénomènes. Et si tel est le cas, alors on repensera à ce merveilleux roman, et puis on oubliera de dormir sereinement.

Petit plus : il est très rare que je sois autant hypnotisée par une couverture. Une couverture sublime, le petit plus non négligeable. Un livre à garder à porter d’yeux.

L’obscur

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2 réponses sur « Frédéric Livyns – L’obscur »

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