Noël PEREZ VERA – La fille de Pablo

41YDO0Dx1pL._SX322_BO1,204,203,200_


Son cauchemar a commencé sur le toit d’une tour de la cité Picasso à Nanterre, à deux pas du quartier d’affaires de La Défense. Obligée de fuir Simo son bourreau, elle croisera dans un hall de gare le chemin d’Izraa, une jeune migrante qui lui ressemble étrangement. Une rencontre fortuite synonyme de laissez-passer pour une nouvelle vie. Pourtant, elle a l’impression de ne plus être vraiment elle-même ; il arrive qu’on l’appelle et qu’elle ne réponde pas, comme si elle ne se reconnaissait pas ou qu’elle était ailleurs, perdue dans un mauvais rêve et prisonnière d’une idée obsédante… Obsédante jusqu’au délire.


Lorsqu’un roman reçoit beaucoup de retours élogieux, je m’en méfie. C’est le cas de La fille de Pablo que j’ai vu circuler assez régulièrement ces derniers temps sur Facebook. Les lecteurs étaient unanimes, ce roman sortait des sentiers battus. Il apportait une bouffée d’air frais par son originalité. Et c’est vrai, sur certains points, ce roman est particulier. Différent et indéniablement atypique.
La grande force de ce roman, c’est la façon dont l’auteur joue avec son lecteur. De la première à la dernière page, Noël Perez-Vera use de stratagèmes pour mener son lecteur sur de fausses pistes. Il y a d’abord cette construction du récit et l’utilisation de la première personne du singulier du début à la fin, sans que le personnage qui prend les commandes ne soit introduit. D’abord déroutant, on se prend finalement au jeu des devinettes. Ce procédé embrouille le lecteur, mais est l’essence même du roman. Ne pas savoir, ne pas anticiper, ne pas laisser le temps au lecteur d’imaginer et de mettre en place des théories. Et c’est nécessaire de faire cela pour que le dénouement fasse son petit effet. Parce qu’il est simple, parce qu’il est le genre de dénouements que j’ai souvent imaginé dans les romans, et qui ne s’est jamais avéré exact. Alors certes, il ne m’a pas surprise, parce que sans l’anticiper, j’y ai quand même pensé assez rapidement. J’attendais finalement que l’auteur me surprenne et qu’il me montre que j’avais tort. Ça n’a pas été le cas, et j’ai accueilli le twist ending sans suspense, tout en appréciant la façon dont il est amené. Parce que la construction même du roman, le sentiment d’être souvent perdu, ne pas savoir ce qui est vrai ou pas, les idées farfelues des personnages, tout ça fait que le dénouement est totalement en adéquation avec le récit. Il en devient même évident et alors, tout prend son sens.

Les personnages sont vraiment originaux. Difficile de les décrire parce que finalement, on ne sait pas trop quoi en penser. Ils sont attachants, mais la manière dont ils sont construits, m’a rappelé les personnages de Chris Loseus dans Bill dangereuse innocence. Je ne sais jamais si je dois les adorer, les détester, compatir ou haïr. Ils vivent des choses qui touchent le lecteur, mais agissent de façon à ce qu’on les déteste. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont une imagination débordante. Et j’aime beaucoup me perdre comme ça, au sujet des personnages.
J’ai été chagrinée par l’usage de mots crus parfois, et je n’ai pas vraiment compris l’aspect sexuel omniprésent dans ce roman. Il n’est pas justifié à mes yeux, et il passe assez mal. En revanche, l’humour lui aussi présent, m’a totalement séduite. Les personnages ont de la répartie, et l’auteur a un véritable talent pour les tirades hilarantes.

Alors si La fille de Pablo a été une lecture agréable, drôle parfois… Si j’ai été transportée par certaines scènes et si la construction du roman ainsi que le cheminement qui amène au dénouement ont su me convaincre… Si j’ai lu ce roman en moins de 24h, parce qu’absorbée par le récit… Si les personnages m’ont touchée, énervée, attendrie… Je ne ressors pas pleinement satisfaite de cette lecture. Il me manque un petit quelque chose, et probablement, une fin beaucoup plus surprenante, ou du moins, en apothéose.
Oui, ce roman est une bouffée d’air frais qui amène avec lui une originalité certaine. Bien sûr que ce récit promet beaucoup de plaisir à venir et que Noel Perez-Vera est un auteur sur qui on doit garder un oeil. J’ai été convaincue de retenter l’aventure avec un autre roman, mais La fille de Pablo ne me laissera néanmoins pas un souvenir indélébile.

Ne passez pas votre chemin. Arrêtez-vous auprès de cet auteur qui vous apportera, j’en suis certaine, un bon moment de lecture.

La fille de Pablo

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s