Nick Gardel – Chorale

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Un magasin qui explose, un mitraillage à la Kalachnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Édouard et Lorelei sont des habitués du chaos.
Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres.
Mais jusqu’où peut conduire l’amitié ?


 

 

Je suis très embêtée avec ce roman. J’aurais adoré avoir le gros coup de coeur qui me manque depuis quelques temps. D’ailleurs, j’avais déjà anticipé la chose, ayant adoré Droit dans le mur, mon premier Nick Gardel. Je suis embêtée parce que je n’avais pas vraiment envie de chroniquer ce roman. Et en même temps, il y a beaucoup de choses que j’ai appréciées et pour lesquelles je pense que ce livre mérite d’être lu.
Rentrons dans le vif du sujet, je n’ai pas accroché avec l’histoire. Les personnages sont bien construits, l’histoire en elle-même également, et le style Nick Gardel me convient parfaitement. Mais il y a des choses à côté desquelles je suis passée. Des détails peut-être essentiels, je ne saurais dire.
J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Peter Raven. Moins Jed et Lorelei. L’avantage de ce roman, c’est que les histoires de chacun sont entrecoupées par celles des autres. Nick Gardel arrive donc à capter mon attention avec cette construction, et à entretenir le suspense en découpant l’histoire de Peter. Les deux autres personnages n’éveillent ma curiosité que lorsque tous les protagonistes se retrouvent. J’ai adoré les aventures de Vasquez, bouc-émissaire de ce roman qui, concrètement, prend pour tout le monde. Son côté « je me démène mais tout me tombe dessus » m’a beaucoup amusé. Le duo de flics joue son rôle avec l’humour hilarant et décapant de Nick Gardel.

Chorale est un concept. Il reprend des personnages déjà existants dans la bibliographie de l’auteur. Idée facile ? Encore faut-il y penser. Et quand bien même on trouve l’idée, il faut mettre en place une intrigue avec les différents caractères et vécus de chacun afin de garder une certaine cohérence.
Cette cohérence, je la retrouve en fin de livre, avec l’arrivée de Marchandeau, personnage principal de Droit dans le mur, livre que j’ai lu, adoré et chroniqué. (Aparté : je ne remets pas en cause la cohérence des autres personnages, puisque je n’ai pas lu les livres). Et si je souris en retrouvant ce personnage que j’avais tant aimé, il me fait aussi dire que j’ai dû passer à côté de beaucoup de choses. « Les volets flambant neufs » décrits lorsque Marchandeau entre en scène, sont un clin d’oeil au livre, évidemment. Mais si on n’a pas lu le livre, alors ces volets n’ont aucun intérêt. Je n’ai lu aucun autre livre de Nick, à côté de quoi suis-je passée ? Est-ce aussi pour cette raison que je ne me suis attachée à aucun personnage ?
On ne peut décemment pas retracer toute l’histoire et le caractère de chaque personnage en 325 pages, surtout qu’ils sont nombreux et que le livre est truffé de scènes d’action, de rebondissements, et que l’on joue sur plusieurs tableaux pendant la première moitié du livre. Alors peut-être me manque-t-il l’histoire de ces personnages que je ne connais pas.

Avec Chorale, mon avis était déjà mitigé avant même de le recevoir, et je me dois de le souligner. Parce que ce roman est basé sur quelque chose à laquelle je ne crois plus vraiment : l’amitié. Alors à la question « jusqu’où peut conduire l’amitié ? » posée en quatrième de couverture, je pars avec un désavantage : peu importe la réponse. Si le but est de démontrer que l’amitié peut conduire loin, très loin, aux limites de la légalité, du concevable, de l’imaginable, alors je pars avec l’à priori qu’il ne me parlera pas. Oui mais voilà. Chorale est un roman de Nick Gardel, et j’aime beaucoup la patte Nick Gardel. Alors je l’ai acheté en me disant que l’auteur saurait transformer ce petit à priori. Pari réussi. Pas de leçon de morale ou de vie, pas de démonstration de ce qu’est l’amitié, l’intrigue est dans l’action, et loin de ce que j’avais peur de trouver. Bien joué !

Alors pourquoi donc chroniquer un livre, avec lequel on n’a pas vraiment accroché ? Tout simplement parce que ce roman, dans les faits, a tout ce que j’aime. Parce qu’il n’est pas maladroit, mal construit ou écrit. Bien au contraire. Je n’ai juste pas adhéré à l’histoire de fond, parce qu’elle ne me parle pas. Cela ne veut pas dire que le livre ne m’a pas plu. Au contraire, j’ai trouvé beaucoup de positif dans ce roman. Des histoires qui, à priori, n’ont aucun lien entre elles, et qui pourtant s’entrelacent jusqu’à ce que l’auteur réunisse tout ce beau monde pour finalement découvrir que, si, ces histoires étaient liées quelque part. À ce jeu là, c’est quitte ou double. Soit l’auteur amène la réunification de façon subtile en prenant soin de garder une certaine cohérence. Soit c’est un fiasco total qui repose sur « la chance » et le « à peu près ». Nick Gardel a le talent indéniable de maitriser son histoire et ses personnages, si bien que l’assemblage des protagonistes se fait de façon naturelle et plausible.
Il y a le style Nick Gardel, doux mélange d’intelligence et d’humour qui n’est que délice à la lecture. Et finalement, je me dis que c’est le style Gardel qui me plaît le plus. Il est vrai que le genre polar n’est pas mon genre de prédilection – et qu’il me rebute souvent – et dans le cas de Chorale, l’histoire ne m’a pas transportée plus que ça. Pourtant, je n’ai pas eu envie de lâcher mon livre, même si l’idée m’a effleuré l’esprit, j’ai eu envie de continuer, de savoir. C’est un peu contradictoire, mais je mets ça sur le compte de l’auteur qui, indéniablement, arrive à capter mon attention par ses mots et la manière dont il les utilise. Par le style certes, mais aussi par son talent pour les enquêtes et les révélations, la façon dont l’histoire est ficelée et qui nous donne envie de connaître le dénouement.
Et le dénouement… Et bien il termine ma lecture sur une note très positive avec un petit twist ending que je n’ai pas anticipé une seule fois, et des explications qui apportent des réponses. Les dernières scènes sont mes scènes préférées et je m’en suis délectée. Chaque personnage trouve sa fin, qui plus est bien amenée, alors qu’énumérer chaque personnage en narrant ce qu’il en est advenu aurait pu être barbant. Pas une seule seconde ! J’ai adoré cette fin, elle ne pouvait être mieux.

J’avais adoré Droit dans le mur, un peu moins Chorale. Ce qui est certain, c’est que Nick Gardel est un auteur atypique qui réussit à me garder jusqu’au bout de son histoire par la beauté des mots. Je ne lâche pas l’affaire, ni l’auteur. Chorale reste un bon roman, bien écrit, avec une plume dont je ne me lasse pas.
Ma critique aura peut-être été un peu dure pour ce roman là, mais je vous assure, il mérite tout de même d’être lu. Il se pourrait même que je le relise après avoir découvert les autres, et en refaire une chronique.

Chorale

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