Karim Berrouka – Le club des punks contre l’apocalypse zombie

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Quand Deuspi et Fonsdé émergent de leur dernier trip d’acide dans leur squat, c’est pour découvrir que Paris est envahi par une horde de bouffeurs de cervelle vociférants. Soit la dope était (beaucoup) plus forte que prévu, soit l’apocalypse zombie est bel et bien advenue. C’est peut-être enfin l’occasion qu’attendait Kropotkine, leur maître à penser, pour réaliser un vieux rêve de gosse : faire flotter le drapeau de l’anarchie sur la capitale! Mais avant de pouvoir crier « No Future ! », il va falloir se coltiner un paquet de cons…


Que dire. Ce livre est un ovni. Une histoire, un style, sortis on ne sait d’où, et qui vont vers on ne sait trop quoi.
Imaginez donc découvrir les rues qui entourent votre maison, envahies par vos semblables qui se bouffent entre eux… (Pour lire ce livre, il faut adhérer à la familiarité.) Que faites-vous ? Vous paniquez probablement, vous voyez la fin du monde, pire, des images de The Walking Dead défilent dans vos têtes. En somme, vous réagissez normalement. Dans Le club des punks contre l’apocalypse zombie, il n’en est rien ! On grimpe sur le toit d’un squat et on s’amuse à attirer les bouffeurs de viande vers des flics de la BAC coincés dans un restaurant, en tirant avec une carabine à plombs. Et je vous assure que cette scène est hilarante ! Autant que les dizaines autres scènes qui frisent avec le génie !

Mais sous ces airs de livre qui fait rire, qu’on ne prend pas au sérieux, il y a de l’intelligence, un peu à la manière d’un Deux zéros et demi. Celle d’avoir crée des personnages hilarants qui changent une période apocalyptique en franche poilade. Il y a aussi des références à des événements, des personnalités, des oeuvres, et tout ça en gardant une logique liée à l’univers du livre. Il y a indéniablement un vrai travail de construction minutieux, tant sur les personnages, que sur l’histoire en général. Et quelle merveilleuse idée d’avoir intégré des personnalités publiques du côté des zombies ! Un détail facile, peut-être, mais qui permet de visualiser les bouffeurs, rendant les scènes encore plus drôles en s’imaginant un Bogdanoff version zombie dégueulasse.

Le livre est découpé en trois parties et bien qu’il y ait un lien entre chacune, j’ai pensé que ce livre était construit à la manière d’une série, dans lequel chaque partie serait en fait une saison, avec des nouveaux méchants, des zombies qui évoluent, ainsi que des nouveaux personnages – tout en gardant le groupe punk survivaliste de base.
Dès le début, j’adhère au style, je me marre franchement, et je vois évoluer nos keupons dans un univers post-apocalyptique complètement décalé. Je fais la connaissance de Deuspi et Fondsé (les punk destroy), Eva (l’Antitout), Mange-Poubelle, Glandouille et Pustule (les punk à chien), et Kropotkine (L’anarcho-punk). Tout ce joli monde vit à sa manière dans un squat « Le collectif du 25 », jusqu’à ce qu’un beau jour, la population se transforme en bouffeurs de chair.
Une fois la première partie passée, les yeux qui ont pleuré de rire sur certaines scènes mythiques, ont envie de pleurer pour autre chose. L’intrigue retombe comme un soufflet. Je n’accroche pas avec la seconde partie qui me donne du fil à retordre. Je ne suis pas dedans, et j’ai beau faire de mon mieux, ça ne passe plus. Je pense alors m’être habituée au style, à ne plus le trouver drôle, et j’en suis bien déçue. Je persiste, trouvant le temps un peu long mais sans aucune envie d’arrêter. J’espère.
C’est en commençant la troisième partie que je retrouve l’esprit déjanté de la première, et me voilà repartie pour un tour. J’ai dévoré cette dernière partie presque d’une traite, et à la fin, j’en redemandais !

J’ai ri, beaucoup. J’ai été émue, parfois. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. C’est une dose de bonne humeur, avec les mêmes effets qu’un spectacle humoristique. Un ensemble de sketchs entrecoupés de moments plus calmes pour rire encore plus la seconde suivante. Un livre qui remonte le moral et change de ce que j’ai l’habitude de lire.
Mais pas que. L’auteur amène à la réflexion sur des sujets pas toujours bien traités, et qui là, passent comme une lettre à la poste. On critique les Grands de ce monde qui gouvernent les petites gens, dictent leurs lois, et imposent à la populace une manière de vivre. On parle de consommation, de surconsommation même, de pouvoir et de son exercice. Si dans certains ouvrages comme Une tarte dans la gueule, ou Qu’attendent les singes, j’avais eu l’impression de lire une critique ouverte de l’auteur – au point d’en oublier les personnages – ici les arguments se fondent parfaitement avec les personnages et cette fois-ci, au point de prendre deux secondes – ou plus – pour y réfléchir. Une vraie réussite !

Rejoignez le côté Keupon de la force !

Le club des punks contre l’apocalypse zombie

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