Graham Masterton – Rituel de chair

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Charlie McLean est un critique gastronomique qui passe sa vie sur la route. Il décide un jour d’emmener son fils dans un de ses périples pour renouer des liens avec lui. Un restaurant français qui ne figure dans aucun guide culinaire attire alors sa curiosité.


 

 

 

Si vous comptez vous plonger dans ce roman prochainement, ne lisez pas le résumé ou laissez passer un peu de temps histoire de l’oublier. Après avoir lu Rituel de chair, et en jetant un coup d’oeil à la quatrième de couverture, je me suis félicitée de ne pas l’avoir regardée avant. Concrètement, le résumé spoile la moitié du livre, voire plus. Je l’ai donc volontairement tronqué pour la chronique.

Ceci étant dit, revenons à nos moutons. J’ai découvert Masterton il y a à peine un mois, et déjà j’avais été séduite par Le démon des morts. Bien qu’ayant trouvé quelques passages longs et répétitifs, certaines tournures de phrases traduites légèrement déroutantes, j’avais savouré ce livre assez rapidement malgré sa longueur. Preuve que l’histoire m’avait bien agrippée.
Rituel de chair m’a littéralement transportée par la richesse de son histoire, son style beaucoup plus fluide, et ses traductions plus légères. Nous suivons Charlie McLean et son fils, Martin, à la relation tendue bien qu’on ne sache pas trop pourquoi de prime abord. Il y a donc un intérêt certain à découvrir le passé de ces protagonistes, au moins pour comprendre la situation présente. Et alors que les faits nous sont dévoilés au compte-gouttes, que l’on comprend que père et fils sont en train d’essayer de renouer, un événement extérieur vient bousculer les plans. Charlie se retrouve alors embringué dans une histoire de religion et de secte qu’il n’est pas prêt d’oublier. Et nous non plus.

Graham Masterton instaure un climat glauque dès le début du roman, avec des personnages étranges à l’allure terrifiante, que l’on préfère associer à une sorte de mirage. Viennent s’ajouter à cela les rumeurs les plus folles, les « on dit » qui dépassent l’entendement et surtout, la possibilité que tout ceci soit vrai.  Autant dire que tous nos sens sont en émoi dès les premières lignes, et que l’auteur fera en sorte, tout au long du roman, de garder son lecteur sur le qui-vive. Si le suspens autour des pratiques religieuses des adeptes montent crescendo, l’horreur dans laquelle nous sommes plongés, suit le même chemin. À la limite de l’insoutenable, les derniers chapitres sont sanglants et la fin est servie aux petits oignons.

Une fois encore, il m’a été très facile de me glisser dans la peau de Charlie, personnage plus vrai que nature qui pourrait tout aussi bien être vous-même, que votre voisin et que n’importe qui. La simplicité est parfois une bonne chose. Charlie n’est pas un de ces personnages qui gobent tout, même le plus gros, bien au contraire. Suspicieux sans en perdre son rationalisme, c’est finalement lui qui nous guide vers les multiples révélations, nous aidant à les appréhender et à les accepter – aussi dingues soient-elles. Alors que Charlie écume les différentes possibilités rationnelles, les explications plausibles, et démêle le vrai du faux, le lecteur doit se rendre à l’évidence, tout comme Charlie : ce qui se passe dans cette ville, est bien réel. Et bien évidemment, c’est au coeur du restaurant français que tout va se jouer.

Il y a beaucoup d’éléments dans ce livre, autant dire qu’il y a toujours quelque chose à laquelle se raccrocher et qui maintient la curiosité, l’envie d’en savoir plus, et surtout de découvrir la fin qui arrive inéluctablement – et trop vite malgré les 472 pages. J’aurais pu rester dans cet univers bien plus longtemps. J’ai pris un plaisir fou à suivre Charlie dans sa course folle à la vérité et aux multiples révélations. J’aurais adoré voir une adaptation de ce roman au cinéma, histoire de pousser un peu plus dans l’horreur – encore aurait-il fallu que cela soit réussi.

En bref, un Masterton qui vaut le détour. L’histoire se met en place durant la première partie du roman – d’où le spoil du résumé – pour finalement plonger le lecteur dans une histoire sordide qui tantôt, l’effraye, tantôt le fascine. J’ai adoré et je crois qu’il n’y a rien à dire de plus.

Rituel de chair

 

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