Solène Bakowski – Un sac

51vKFJSf2BL._SX307_BO1,204,203,200_En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale. Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement. Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ? Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.


J’avais adoré « Chaînes » de la même auteure. J’avais été conquise par le style, l’originalité de l’histoire, et la noirceur qui planait au dessus de l’intrigue. Quasiment trois mois plus tard – à deux jours près – je récidive et me replonge dans l’univers de Solène Bakowski, avec un roman qu’on ne présente plus : Un sac.

Cruelle chronique que j’ai à la fois envie de faire, et à la fois que j’aimerais juste ignorer. Passer à la suite, me sortir Anna-Marie de la tête, et me plonger dans ma prochaine lecture. Faire le vide, oublier ce qui m’a dérangé, gardé ce qui m’a touché, et surtout, ne plus avoir cet avis mitigé.
Souvent, lorsque je commence une chronique, j’imagine la situation dans laquelle on me demande si un livre vaut le coup ou pas. Et là je suis indécise. J’aurais envie de dire oui pour certains aspects qui m’ont profondément émue, et non pour ceux qui m’ont vraiment dérangée.

Anna est un personnage que j’adore autant que je le déteste. Comme tous les personnages dans ce roman. Chacun à un côté lumineux, héroïque, attendrissant, et un côté bien plus sombre qui les force à tomber dans une violence à l’arrière-goût de gratuit. Si je comprends les « pourquoi » de ces besoins de faire payer – encore que – je suis loin de comprendre les comment. Aussi cruel l’humain peut-il être avec autrui, j’ai beaucoup de mal à accepter qu’on puisse devenir pire que ceux qui nous ont blessé, juste par besoin de vengeance, simplement pour se sentir mieux et vengé – surtout quand ces mêmes personnes nous ont accompagnés, aimés, et aidés. Je ne fonctionne pas comme ça, et du coup, je ne le comprends pas.

À côté de ça, il y a les personnalités et les scènes poignantes dans lesquelles Solène Bakowski, de sa plume que je chérie tant, arrive à me toucher en plein coeur, à m’émouvoir, et parfois même, à me faire réfléchir. Oui sous certains aspects, ce roman est une pépite. Malheureusement, pas sur tous. J’ai accompagné Anna durant tout le roman avec un pincement au coeur et l’estomac noué. J’ai souvent eu envie de la prendre dans mes bras ou de la sauver.
J’ai adoré suivre pas à pas l’évolution d’Anna, m’immiscer dans sa vie pour vivre de l’intérieur ce qu’elle avait vécu. J’ai aimé l’accompagner dans la rue, dans un appartement, m’assoir à côté d’elle sur un banc. J’ai ressentie sa douleur, sa colère, et sa haine. J’ai eu beaucoup de compassion et sous certains aspects, je me suis indéniablement retrouvée en elle. L’auteure a su poser les mots adéquats sur sa souffrance et ses ressentis, au point de rendre impossible au lecteur de rester passif, de ne rien ressentir.
J’ai eu une pensée pour Xavier Dolan et son film « Amours imaginaires » et j’ai apprécié retrouver l’esprit de ce film dans le roman.

Pour finir sur une note positive, ce roman m’a conforté dans l’idée que j’aime le style Bakowski. Lire la plume de cette auteure est un véritable moment d’évasion tant sa manière de faire est agréable.
Je ne peux également enlever à l’auteure sa prise de risque à choisir des sujets pas toujours évidents et à plutôt bien réussir à les traiter.
L’intrigue et les personnages sont travaillés, c’est indéniable. L’histoire est soignée, et le dénouement m’a scotché, ça c’est certain.

Alors oui, sur certains aspects, ce livre mérite d’être lu. Pour les émotions et la plume de l’auteur. Pour découvrir ce qu’il y a dans ce fameux sac et qui pourrait bien vous chambouler. Parce que aussi dérangeantes certaines scènes ont été pour moi, le reste n’est que délice. Alors au final, j’ai dévoré ce livre, je l’ai aimé, mais pas sur tout. J’en garde tout de même un bon souvenir, si bien qu’il est venu me hanter en pleine nuit et qu’au réveil, Anna était toujours là, à côté de moi. Elle aussi, je vais avoir du mal à l’oublier.

Un sac.

 

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