Graham Masterton – Le démon des morts

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Un petit village paisible au bord de la mer, non loin de Salem, la ville des sorcières. La femme de John Trenton a trouvé la mort dans un accident de voiture. Un mois plus tard, des phénomènes étranges commencent à se produire, la nuit, John croit voir sa femme… ou son fantôme. Hallucinations causées par le chagrin… ou réalité encore plus terrifiante? L’explication se trouve peut-être dans un bateau, le David Dark, qui a sombré au large de Salem, trois siècles plus tôt. Que transportait donc ce navire d’où semble provenir une influence maléfique?


 

Le démon des morts est le genre de livre que l’on referme en poussant un « waouh ». Je dois avouer que je n’ai pas poussé ce cri du début à la fin, à cause de quelques petites imperfections. Néanmoins, l’histoire m’a emportée loin, très loin dans l’imaginaire, et la fin, exceptionnelle, m’a procurée satisfaction et plaisir.

Le démon des morts sort en 1983. En 34 ans, le moins que l’on puisse dire c’est que le genre horreur a explosé, au point d’être abordé en long, en large et en travers, devenant parfois même, ridicule et risible. On pourrait donc s’attendre à ce que ce roman soit truffé de clichés parce que vu et revu plus récemment, et pourtant… pas du tout. Bien sûr il est question de revenants, de fantômes et de démons, mais ce qui rend ce roman original et diablement bon, c’est l’histoire de fond qui entoure ces apparitions.

Des fantômes, une épave au fond de l’eau, les années qui passent, et des événements surnaturels qui touchent un petit village près de Salem. Et si vous vous dîtes « encore une histoire de sorcières », je vous dirais, oui un peu, mais pas seulement. Tout comme le personnage principal John Trenton, le lecteur est perdu entre mythe et réalité. L’auteur, lui, ballote son lecteur entre folie passagère dû à la perte d’un être cher, et véritables phénomènes surnaturels – au moins au début. La possibilité d’une explication rationnelle mise en avant, avant toute autre chose, apporte du crédit au reste du roman. Et c’est d’ailleurs tout le reste qui fait de ce livre une petite perle. J’ai eu des frissons, je me suis délecter des scènes gores, et les fantômes ont longtemps danser dans ma tête pendant ma lecture – oui après aussi. Ce que je reproche le plus aux oeuvres horrifiques, c’est le manque de profondeur. On aborde le sujet, on transmet la peur (parfois), mais le fond est creux, et parfois inexistant. Pas ou peu d’explications, et souvent ces dernières – lorsqu’elles sont présentes – flirtent avec le risible. Là est toute la force de cette histoire : l’explication. Et je comprends l’intérêt de l’épaisseur du livre, totalement justifié par de multiples rebondissements, révélations, et explications étonnement plausibles. Il n’y a pas un seul passage fait pour combler le vide. Tout à son importance, tout se dévore, et tout s’explique à un moment ou à un autre. On en vient à croire à ce que l’auteur nous raconte, alors que, rappelons-le, nous sommes dans du fantastique. Chaque fait est expliqué historiquement – que cela soit vrai ou non – et apporte toujours plus de crédibilité au démon de base qui sévit sur le petit village. L’auteur a su trouvé les arguments justes et assez réalistes pour rendre le tout plausible et nous faire frémir. L’histoire est travaillée en profondeur, les questions du lecteur sont anticipées, et on ressort de cette lecture avec tout, sauf des questions sans réponses. Le roman s’achève en apothéose avec une fin explosive que j’ai plus qu’adorée. Fin que j’ai dégustée avec un verre de « waouh » et un petit pincement au coeur pour John Trenton.

L’histoire, qui n’est que délice, est habitée par des personnages à la hauteur de l’intrigue. Des personnages réalistes, des réactions pertinentes, des dialogues tantôt drôles, tantôt poignants, mais toujours parfaits. Et c’est John Trenton, personnage principal, qui va nous guider tout au long de l’histoire. Il est assez rare que je m’attache à un personnage de cette façon là. À la manière d’un Adel Blanchard d’Arnaud Codeville, ou d’un Hilton d’Odehia Nadaco, John a été un personnage important dans ma vie de lectrice. L’auteur a réussi la prouesse de me faire devenir personnage au point de vivre l’action encore plus de l’intérieur. Je l’ai accompagné – à moins que ce ne soit l’inverse – et une fois le livre refermé, il était toujours là. J’ai eu envie d’avoir de ses nouvelles, et pour sûr, il me suivra encore quelques temps.

Si vous aimez les romans qui font peur mais avec une histoire en béton derrière, bien ficelée, maitrisée et addictive, ce roman est fait pour vous. Mon petit doigt me dit qu’il se pourrait que Graham Masterton refasse un jour une apparition parmi les chroniques.

Embarquez sur le David Dark et découvrez ses sombres secrets.

Le démon des morts

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