Katia Campagne – Kuru

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En 1957, deux scientifiques découvrirent en Nouvelle Guinée, une étrange maladie neurologique qui avait décimé toute une population aborigène. Cette maladie était induite par un rituel nécrophage au cour duquel la tribu consommait les organes de leurs défunts pour s’approprier leurs forces. Des analyses et expérimentations permirent de la répertorier dans les maladies spongiformes incurables. Sans aucun traitement.
Le gouvernement australien interdit les pratiques cannibales et la maladie disparut.
Mais ce qu’ils n’avaient pas découvert… C’était la durée d’incubation du virus…


Imaginez… Des SDF retrouvés sans vie et partiellement grignotés. Une jeune femme qui se met subitement à tuer, poussée par une pulsion qu’elle ne peut contrôler. Une journaliste et un flic qui enquêtent sur des meurtres sordides autant que mystérieux. Un secret de famille bien loin des secrets conventionnels et qui mènera ses membres à leur perte. Qu’en dîtes-vous ? Je vous l’accorde, ça donne envie, pour peu que le cannibalisme ne nous fasse pas peur. Ça tombe plutôt bien, j’adore Hannibal Lecter.

Faut-il être terriblement audacieuse, ou délicieusement dérangée, pour oser aborder le cannibalisme dans un roman, qui plus est de façon aussi crue ? Ni l’un, ni l’autre. Il faut simplement s’appeler Katia Campagne, être douce comme un agneau, mais avoir une imagination à mille lieux de ce que l’on est vraiment. Par chance, l’écriture le permet.

Le contraste est détonant et c’est probablement pour ça que l’histoire fonctionne si bien. En voilà un livre qui ne lésine pas sur les détails sales. Kuru n’est définitivement pas un roman à lire en cuisinant… sauf si vous êtes cannibales, dans ce cas là, faites vous plaisir. Bon, il y a du sang qui coule, des parties de membres mordues et mangées par des congénères, des humains qui n’ont d’humain que le nom, de la peau arrachée à même les dents… bref, il y a du sales et si vous êtes sensibles à ce genre de choses, passez votre chemin.

Ce qui me faisait un peu peur, c’était de lire un livre se servant du cannibalisme pour faire du gore, et basta. Et bien non. En plus de l’aspect « gore » de ce roman, l’intrigue vous tient en haleine grâce à un suspense porté par un secret de famille qui va éclabousser tout ce qui l’entoure. Du début à la fin, l’envie de connaître le dénouement m’a envouté, m’empêchant de quitter mon livre même pour faire sortir le chat ! Impossible de le lâcher. Dénouement qui ne tarde pas à arriver, puisqu’il ne m’aura fallu que quelques heures pour déguster les 315 pages qui composent Kuru. Un peu à la manière d’un Bill, je n’ai plus eu de vie sociale, ni aucun instinct de survie durant ma lecture. Et pourtant, ce roman n’est pas parfait. Je passe à deux doigts d’un coup de coeur, même si, sur le fond, ce roman est un nid douillet dans lequel j’aurais aimé rester plus longtemps, tant j’ai été emportée par la tornade Katia Campagne.

J’ai eu du mal à entrer dans les quelques premiers chapitres qui présentent la famille, actrice principale du roman. Il m’aura fallu, malheureusement, trois lectures pour comprendre les liens de parenté, et l’arbre généalogique n’a pas coulé de source. Le second petit soucis que j’ai rencontré, et contre lequel j’ai dû lutter pour me replonger dans l’histoire, est un problème de scène que je n’ai pas su placer dans l’espace temps. Au final, dans ma tête et même une fois le roman terminé, il y a deux scènes qui se déroulent en même temps, le hic c’est la présence d’un même personnage dans les deux.

Néanmoins, j’ai dégusté Kuru comme un bon gâteau au chocolat : rapidement et avec gourmandise. Tout cela grâce au style de l’auteur, qui malgré une histoire horrifique, a su, quelque fois, me toucher avec des mots bien choisis au point de créer chez moi quelque chose d’inattendue : m’émouvoir. Et quand l’émotion ne prenait pas le dessus, c’était la fascination et le côté « documentaire » qui prenaient le relais. Car oui, ce livre a beau être un roman, il n’en reste pas moins que le virus a bel et bien existé, et que c’est grâce au roman que je l’ai appris. Tant de nom, que sur la manière dont le virus évolue, ce livre est une sorte de « Kuru pour les nuls ». Aspect du livre que j’ai grandement apprécié, me donnant même envie d’en apprendre plus.

Le côté « polar » de ce roman apporte une bonne dose de suspense, révélations et rebondissements, qui rythment l’histoire et nous révèle les mystères de cette étrange maladie au compte-gouttes. Le tout agrémenté de personnages attachants, empathiques, et réalistes, pour qui nous avons bien souvent peur.

Un livre à déguster en dehors des repas, mais à volonté. Âmes sensibles s’abstenir tout de même.

Kuru sur Amazon.

 

 

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