Arnaud Codeville – La tour de Sélénite

51Nn0VyEZgLAdel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille mais peu à peu, il ne peut s’empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur et de la folie où il y laissera une partie de son âme…


Ce qu’il y a de merveilleux avec Arnaud, c’est qu’il est là où je ne l’attends pas. Il n’y a pas longtemps, je me lançais dans la découverte d’Arnaud Codeville avec 1974. Je vous avais parlé de frissons, de peur, et de réconciliation. Arnaud avait réussi à me faire renouer avec le genre horrifique que j’aimais tant, avant. Ce genre et moi nous sommes enfin retrouvés.

J’aime bien, quand il est m’est possible de le faire, de parler des auteurs. C’est que derrière chaque plume se cache un humain. L’envers du décor est tout aussi passionnant que les histoires elles-mêmes. La lecture est avant tout une histoire de relations humaines. Alors concernant Arnaud, il me faudrait probablement une chronique entière pour vanter l’écrivain – et l’humain – qu’il est. Je vous dirais donc simplement de vous tourner vers lui si l’envie vous en prenait. Simplicité et disponibilité, vous trouverez.

Avec « 1974 » j’avais imaginé quelque chose de doux qui correspondait à la personnalité de l’auteur. Et je m’étais bien trompée. Alors cette fois-ci, je m’attends à avoir la frousse et à lire un peu de gore. Je mets donc la personnalité d’Arnaud de côté, et m’adapte au style Codeville. Et voilà que cette fois-ci, avec « La tour de sélénite » je me mets à pleurer.

Je l’ai fini il y a dix jours, et les émotions sont intactes. J’ai laissé l’histoire se reposer pour trouver les mots, digérer la chose, mais rien n’y fait. Lorsque je repense à ce roman, ce n’est pas tant la terreur qui s’empare de moi, que les émotions.

Attention, on reste sûr de l’horreur quand même ! Seulement, le roman est divisé en deux parties distinctes, et c’est la première qui m’a toute chamboulée. On rencontre donc Adel Blanchard, professeur à l’université. Rapidement ce dernier fait la connaissance de ses nouveaux collègues, dont une en particulier qui va s’immiscer, puis s’installer dans sa vie : Laure. À travers ce couple inattendu, ce sont les prémices d’une histoire, que l’on imagine belle, qui se déroule sous nos yeux. Vous savez, les premiers instants ? Les papillons dans le ventre, les étoiles pleins les yeux, le manque, et les sourires béats… on est en plein dedans. Mon coeur bat au rythme de celui d’Adel. Rapide et bruyant. Pire, il me donne envie de tomber amoureuse, là, maintenant. J’envie les ressentis des premiers instants.

Alors que mon coeur se ramollit et que mes yeux peinent à continuer la lecture à cause d’une averse de larmes – le style de l’auteur me touchant particulièrement – changement de cap. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes pas dans une romance. Très vite, les choses se gâtent, et c’est l’ombre du phare qui va venir obscurcir la belle histoire d’amour à peine commencée. Alors qu’Adel et quelques collègues prennent la direction du mystérieux phare abandonné, l’intrigue prend une toute autre tournure. L’horreur vient ajouter sa pierre à l’édifice et c’est reparti pour un tour. Frissons, sursauts et peur, ont ponctué la seconde partie de ma lecture. La légèreté et les beaux sentiments du début s’envolent un peu plus à chaque nouveau phénomène. Si les événements sont différents de 1974, ils n’en sont pas moins spectaculaires. Tous les ingrédients sont là pour me faire sursauter.

Et pour le coup, comme pour « 1974 », bien qu’il n’y ai pas le genre « polar », il y a quand même une histoire derrière le surnaturel, poussant l’auteur à mélanger les genres. Une histoire poignante autant que terrifiante. Une explication d’ailleurs rationnelle, et loin d’être tirée par les cheveux. Une raison qui ne me fait pas sortir de l’histoire en me disant que c’est trop gros. Tout est mesuré. Autant dire que ma lecture s’achève sur une note positive, avec cette tant recherchée satisfaction d’avoir un dénouement qui tient la route, à nous en faire frissonner.

Ce roman a beau être le premier Codeville, il n’a rien à envier à son grand frère. Le style déjà soigné, nous transporte au coeur de l’intrigue, jusqu’à vivre l’histoire de l’intérieur. On se surprend à retenir sa respiration, à avoir peur du noir, et à angoisser de ce qu’il pourrait arriver. Mais pas que. Il y a beaucoup d’émotions dans ce roman, de magnifiques sentiments qui m’ont étonnée autant qu’ils m’ont touchée. Et surtout, une fin émouvante autant qu’intrigante, qui me permet, moi lectrice, de poursuivre l’histoire… Je ne vous cache pas que le twist ending a fait son petit effet 😉

« 1974 » a été un coup de coeur, « La tour de sélénite » a suivi le même chemin. Figurez-vous que je viens de trouver mon auteur chouchou catégorie « horreur ». Alors je le redis, n’hésitez plus, lisez un Codeville.

La tour de sélénite

 

 

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2 réflexions sur “Arnaud Codeville – La tour de Sélénite

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