Matthieu Biasotto – 11 Juin

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Il est des jours que rien ne peut effacer, pas même le temps. Des jours sombres, si noirs qu’ils reviennent nous torturer, laissant planer leur ombre sur nos existences fragiles. Le 11 juin, elle a tout perdu, au point de s’égarer. Puisque la vie n’attend pas et que le passé semble insurmontable, elle s’est fait une promesse.

Déchirée entre la peur d’oublier et le besoin viscéral de libérer son âme, ce qu’elle va faire de cette journée lui appartient. Et ce qu’elle s’apprête à vivre risque de la marquer pour toujours, parce que, parfois les choses ne se passent pas comme prévu.

C’était un 11 juin et cette promesse, vous ne l’oublierez jamais.


Quand le huis-clos est mangé à la sauce Biasotto, on adore être claustrophobe !

***

Que faisiez-vous le 11 juin dernier ? Où et avec qui ? Peut-être qu’il s’agissait d’un jour comme un autre. Peut-être pas. Peut-être que pour quelqu’un ce n’était pas un jour comme les autres. C’était un jour qui empêche d’avancer et de se reconstruire. Un jour qui nous enchaîne à un passé trop douloureux fait de mélancolie et de regrets. Parce qu’on a atteint le point de non retour, qu’il est impossible de remonter le temps pour tout changer. Parce que vivre signifie se souvenir, et que se souvenir c’est souffrir. Il suffit d’une seconde pour qu’une vie soit bousculée, renversée, et à jamais bouleversée. Il suffit que ce soit un 11 juin.

***

Ce qui m’a le plus touché dans ce roman, c’est la douleur de Maud, personnage principal. C’est la sincérité avec laquelle elle souffre, la pudeur avec laquelle elle l’exprime, la retenue avec laquelle elle tente d’expirer sa souffrance. Ce qui m’a le plus touché, finalement, c’est la capacité de Matthieu Biasotto à poser des mots sur cette douleur. Je ne comprendrai jamais comment cet écrivain arrive à retranscrire des émotions aussi douloureuses, au point de les rendre belles. Comment par la magie des mots, Matthieu est capable de me tirer les larmes que je garde profondément enfouies. Pas les larmes de joie ou de tristesse. Les autres. Celles qui font mal. Celles qui brûlent la peau lorsqu’elles sortent. Celles qui nouent le ventre et serrent le coeur. Pas celles qui ont un goût salé, celles qui ont un goût amer. Un arrière goût de regret.

Si vous connaissez Matthieu, vous allez redécouvrir son style. Poétique, rythmé, chantant. Ce style si particulier et plaisant qui fait tourner les pages à une vitesse folle. Ce style épuré, sans manière, mais d’une qualité inégalable. J’ai adoré lire en chantant, bercée par les rimes, les punchline qui font vibrer, et le choix des mots, toujours réfléchi. La plume affûtée, Matthieu nous délivre la souffrance à l’état pur, la douleur brute. Mais ils nous montre également tout le processus de rédemption. Ce terrible 11 juin, n’a pas fini de nous surprendre.

Retournements de situation, tensions, tout est là pour nous tenir en haleine. Les personnages qui peuvent exploser à tout moment, par douleur bien sûr, par regrets aussi. Et puis il y a cette intrigue. Troublante, inquiétante et explosive. Et comme bien souvent, le lecteur n’est que spectateur, il doit encaisser. Les événements se déroulent devant nos yeux alors que nous restons impuissants face à ce 11 juin éprouvant. Face à la détresse d’une femme qui peine à se redresser. Face à la douleur.

Le tapis se déroule à mesure que l’histoire avance. Le lecteur pris dans un tourbillon d’émotions n’a d’autre choix que de subir, d’encaisser jusqu’au dénouement final qui est pour moi, le meilleur des Biasotto. Il est des fins qui nous surprennent sans pour autant qu’elle s’imprègnent dans nos têtes. Et puis il y les autres, celles comme 11 juin. Des fins qui nous coupent le souffle et nous mettent des étoiles pleins les yeux. Aurait-on pu faire mieux ? Absolument pas. Cette fin aussi parfaite que bouleversante, restera très longtemps dans mes souvenirs.

Ce roman a tout d’un Biasotto ; le style, le suspense, les émotions. Le dénouement qui nous remue de l’intérieur, qui nous surprend, et nous colle une sacrée gifle. Oui 11 Juin est un Biasotto, c’est certain. Et en même temps, on se dit qu’il y a encore eu une belle évolution. Que Matthieu a de nouveau repoussé les limites, toujours plus loin, toujours plus haut. Un texte emplit d’émotions et de mots qui nous arrachent les larmes une à une, et puis le coeur aussi. Un roman aux allures de huis-clos, dont on ressort cabossé, touché, mais grandit, bercés par une écriture musicale maîtrisée et poétique.

Alors si vous ignorez ce que vous faisiez le 11 juin dernier, elle, elle s’en souvient. Et elle va vous raconter.

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