Arnaud Codeville – 1974

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À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée… Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse… Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.


«Attention certains passages peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes. Pour public averti seulement». Voilà ce que l’on peut lire en quatrième de couverture, tout en bas. Autant vous dire que cette phrase donne le ton, et pourtant, je ne l’ai pas vu. Il faut dire que j’ai acheté ce livre au salon du livre à Tulle, et que je ne me suis pas attardée sur les détails. Alors lorsque je commence ce roman, je ne sais pas à quoi m’attendre. Autant sur Amazon les catégories donnent des indices, autant là, ne connaissant ni l’auteur – sauf de nom – ni le livre – sauf de nom également – c’est une plongée dans l’inconnu. L’inconnu, oui, mais pas pour longtemps.

À priori le roman a des allures de thriller. Et en effet il en a. Suspense, rebondissements et tension, rythment l’intrigue à chaque nouveau chapitre. Sur fond de thriller donc, le genre polar vient s’agripper au roman. En effet, Joël Masson, personnage principal est flic. Afin de le réintégrer, son supérieur lui file une affaire à priori bateau, mais qui en réalité cache de sombres faits. L’enquête prend donc une tournure inattendue et débouche sur l’ultime genre qui va faire chavirer mon coeur : l’horreur.

Mon histoire avec l’horreur est une histoire houleuse, en dents de scie. Je t’aime, moi non plus. D’abord fanatique des films d’horreur, j’ai très vite abandonné le genre après avoir vu les incontournables, les meilleurs, la crème de la crème. En 2017, un bon film d’horreur, c’est rare, voire idyllique. Et pourtant, je persiste à nouveau à me jeter sur les dernières sorties, espérant, en vain, trouver la perle rare. Et bien dorénavant, lorsque je voudrai une belle oeuvre d’horreur à base de surnaturel, de fantastique ou de paranormal, qui mélange terreur et sursauts, je me tournerai vers Arnaud Codeville.

« Mais comment est-ce possible ? ». C’est vrai qu’en matière d’horreur, je ne m’étais jamais imaginée lire un livre abordant le sujet. Je croyais que voir serait plus approprié qu’imaginer, avec ce genre là. Et bien il faut croire qu’Arnaud a la plume adéquate pour cela, car, d’aussi loin que je m’en souvienne je n’ai jamais autant frissonné, autant paniqué au moindre bruit, et autant redouter d’éteindre la lumière de peur de voir une ombre. Comment fait-il ça ? Par la force des mots. Et bien évidemment le tant redouté « style de l’auteur » est sur le point d’être abordé.

Ce style n’était pas censé me plaire. Dans un tout autre registre, j’aurais probablement dis que les descriptions sont trop poussées, trop détaillées. Elles le sont, mais j’ai adoré. Parce que plutôt que d’entraver mon imagination, elles amplifient l’ambiance glauque de l’intrigue, des lieux, et des personnages. Ces descriptions servent complètement l’histoire et l’immersion, alors que d’habitude, elles ont tendance à m’en sortir. Et bien je dirais que ce retournement de situation les concernant, est forcément dû à l’écriture de son auteur, qui, bien qu’il détaille scrupuleusement, n’en fait pas non plus des caisses. À croire qu’Arnaud a trouvé le juste milieu pour me satisfaire. Et si ça ne s’arrêtait qu’à ça, je dirais que c’est un coup de chance. En réalité, c’est un coup de maître. Dans ce roman, il y a beaucoup de dialogues. Difficile ou intransigeante – à vous de choisir – j’ai une liste longue comme le bras, de tout ce que je pourrais reprocher aux dialogues. Pour résumer, je les trouve bien souvent trop littéraires et formatés. Seulement, parfois, un peu de simplicité ne fait pas de mal, surtout pour donner du crédit aux personnages. Et alors là je dois dire qu’avec « 1974 », les dialogues ont été une vraie révélation. L’auteur a de toute évidence un talent inné – ou travaillé.  Chaque personnage possède sa façon de s’exprimer par le langage, le vocabulaire, et la prononciation. Oui, même la prononciation s’entend – merci les détails.

Et pendant qu’on parle de personnages, survolons le sujet. Oui survoler. Concrètement, à part dire que Joël Masson, le personnage principal, est parfaitement crée et intégré à l’histoire, je ne vois pas. Ce personnage porte l’intrigue à lui tout seul par sa profession. Parce qu’il est flic, forcément il cherche des preuves rationnelles, des faits concrets . Il donne du crédit à tous les phénomènes paranormaux et surnaturels, à tout ce qui semble étrange et irrationnel. Il apporte la petite touche de réalisme qui manque cruellement dans le genre horrifique. Quand à tous les autres personnages qui fourmillent autour de lui, ils ne sont que délices tant dans leur personnalité et que dans leur rôle.

Alors c’est bien joli tout ça, mais quand est-ce-qu’on parle de l’histoire ? On y vient. Que dire, que raconter, que dévoiler, pour vous donner envie de lire ce roman, même si l’horreur vous rebute. Et bien je vous dirais que, outre les scènes d’horreur, il y a un vrai thriller à tendance polar. Le lecteur suit l’enquête pas-à-pas à travers les yeux du personnage principal. Un élément nouveau ? Vous le notez dans votre carnet. Oui vous pouvez vous amuser, vous aussi, à reconstituer le puzzle. Quand au fait de trouver la solution, je vous souhaite beaucoup de courage, parce qu’elle n’est pas évidente à trouver! Le roman a beau être un mélange de genres, l’intrigue est tout de même maîtrisée au point de vous embrouiller dans vos propres débuts de conclusions et de solutions.

Et que dire à ceux qui, comme moi, adorent l’horreur. À ceux qui pensent tout connaître sur ce genre là, et à ceux qui ont abandonné ? Foncez, lisez Arnaud Codeville.

Ajoutez à tout cela une fin surprenante qui pourrait vous faire pleurer, et vous voyez de quel genre de romans je parle. Une pépite ! Accompagné d’un twist ending, le final est également émouvant. Un choix surprenant quand on connaît la noirceur du roman, mais qui ajoute une touche de poésie qui m’a vraiment fait fondre.

Un coup de coeur, ni plus, ni moins. Je n’ai relevé aucune fausse note dans ce roman, pas même une petite réaction d’un personnage. Pas même une virgule mal placée ! Le fantastique avec lequel j’ai du mal à me projeter, ne m’a pas empêché de vivre l’histoire. Arnaud Codeville a fait tomber toutes les barrières qui m’avaient éloignée du genre, et c’est avec enthousiasme que je replonge à l’intérieur. Ainsi, pour continuer sur ma lancée, j’ouvre  » La tour de Sélénite », du même auteur.

1974 sur Amazon.

 

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