Chris Loseus – Bill dangereuse innocence

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En poussant la porte du 4671 Delafield Avenue, Bill Wendal ne sait pas encore ce qu’il va faire. Il n’a que cette rage en lui. Les souvenirs enfouis de son enfance dans les Hamptons, soudain ressurgis devant la une du journal télévisé. L’adrénaline le porte, et les événements s’entremêlent jusqu’à faire bien plus que remuer le passé…


Je ne sais pas si mon rôle est de mettre en garde, mais ce roman comporte des scènes de violences, de viols, et de harcèlement. C’est un livre qui s’adresse, à mon sens, à un public averti. Voilà qui est fait.

Ce roman est un page-turner qui ôte toute vie sociale et tout réflexe de survie.

Avec « Bill dangereuse innocence », c’est non seulement une histoire particulière que je découvre, mais également un auteur. Je n’avais jamais lu Chris Loseus, c’est donc une découverte. Je suis sous le charme de son écriture, tant elle est fluide et agréable. Cet auteur va à l’essentiel sans passer par la case descriptions à rallonge ; le strict minimum suffit. J’aime quand les auteurs laissent carte blanche à mon imagination, même si dans certains cas, ça n’est pas toujours facile. Ça n’est évidemment pas du tout le cas ici puisque mon imagination fonctionne à plein régime grâce au dosage parfait de description et de détails.

Parler de ce roman sans spoiler est très difficile car l’action va très vite et que le résumé est assez vague.

Bill est un écorché vif, dont l’enfance a été détruite. Il a grandi avec sa douleur et sa haine, et lorsqu’il croise le regard de deux de ses bourreaux à la télévision, il est pris d’une pulsion mortelle. Les méchants doivent payer. Oh ce n’est pas si enfantin que ça. C’est même bien loin d’être enfantin puisqu’on assiste très vite à une scène des plus violentes, qui pour certains lecteurs pourraient même être choquante : l’assassinat d’une mère et de son enfant. Dans les faits, on se dit que c’est une scène banale, qui fait partie de beaucoup de romans. Mais je pèse mes mots lorsque je dis que ce livre s’adresse à un public averti, à cause des détails, des méthodes et de l’acharnement.

Cette scène de meurtre est entrecoupée par une histoire parallèle dans laquelle nous suivons Steve, un brillant avocat, qui se retrouve face à un dilemme. Venir en aide, ou pas, à son ami d’enfance, futur Président, qui se retrouve dans une situation délicate.

On se doute bien que ces deux scènes qui se déroulent au même moment dans l’espace temps, vont se rejoindre. Et c’est le cas. Cette construction donne un rythme haletant et très rapide au début de ce roman, ne laissant aucune seconde de répit au lecteur, qui jongle entre les deux scènes en essayant de comprendre. Une fois les personnages réunis, le roman prend alors des allures de huis-clos, et c’est un voyage au coeur de l’enfance des personnages qui pointe le bout de son nez. Parce qu’évidemment, il existe un lien entre ces deux personnages intrigants, et qu’ils vont nous le raconter.

Oh que j’aime les flashbacks. Que j’aime les chapitres par intermittence entre présent et passé. Que j’adore découvrir les détails au compte-gouttes, fermant certaines portes pour en ouvrir de plus grandes. Les pages défilent littéralement, et si l’engouement que j’ai déjà pour ce roman se confirme avec le temps, il prend même une ampleur inattendue. Je suis incapable de lâcher mon livre. Je ne cherche même pas à le faire. Je l’ai lu d’une traite, et j’ai amèrement regretté d’atteindre le mot « fin ». J’aurais dû prendre mon temps et faire durer le plaisir. Je n’ai pas pu.

Ce roman est un coup de coeur dès les premiers instants. Chris Loseus use de mots et de tournures percutants, offrant au lecteur une histoire rapide mais très efficace. Du suspense en veux-tu, en voilà, des rebondissements à gogo, et surtout, une trame qui frôle la perfection. Certains passages sont peut-être un peu trop rapides, manquant légèrement d’émotions, mais l’intrigue est tellement prenante que ces petits détails ne me chagrinent pas le moins du monde. Ce roman est prenant, captivant, et le style de l’auteur est aussi plaisant qu’un rayon de soleil après une semaine de pluie – je sais de quoi je parle.

Si ce roman m’a autant captivée, c’est grâce à l’écriture des personnages. Je suis mitigée les concernant, et je m’explique. Le roman terminé, je ne sais pas qui je dois aimer, soutenir, et pour qui je dois compatir. Je ne sais pas qui je dois détester, ou blâmer. L’écriture des personnages et leur implication dans l’histoire frôlent la perfection – à nouveau. Frôlent oui, parce qu’il y aura toujours un moment où on ne sera pas d’accord avec un choix, encore que, avec ce roman là, ce n’est pas flagrant. Les réactions sont légitimes et compréhensives la plupart du temps. Seul ombre au tableau, la passivité de Steve. À la découverte des corps, il  me manque un tout petit peu de désarroi, de douleur, d’incompréhension de sa part.

À priori, on comprend le besoin de vengeance de Bill, à cause de son enfance et de ce qu’il a vécu. On compatit, et même si ses actes sont violents, on le comprend.

On aime détester Steve pour ce qu’il a fait étant enfant, et on aime le voir payer.

Mais rapidement, on se dit que tout ça est démesuré. Que Bill va trop loin, que Steve ne méritait pas tant. On commence à détester l’un, pour plaindre l’autre. Le méchant se confond avec le gentil, et le gentil devient le tyran. On a cette envie d’aider les deux personnages. L’un pour avoir vécu le pire dans son enfance, l’autre pour ce qu’il vit actuellement. On déteste l’un pour avoir fait subir le pire il y a vingt ans, et l’autre pour faire subir dans le présent. Notre conscience est mise à rude épreuve, et faire le bon choix dans ce labyrinthe de compassion et de colère est très difficile.

À ces deux personnages principaux, viennent s’agglutiner d’autres personnages qui, malgré eux pour certains, se retrouvent impliqués dans le huis-clos. L’éventail de personnages présents sur les lieux décuple alors les possibilités, tant pour Bill que pour les « otages ». On se dit qu’à chaque instant tout peut déraper. Difficile donc d’imaginer une fin en happy-end, tout en ne sachant pas vraiment ce que Chris Loseus nous prépare.

Un gros de coup de coeur pour ce roman d’une violence incroyable tant les mots sont justes et les descriptions parfaites. Il faut bien évidemment encaisser cette violence, la digérer, et prendre du recul en essayant de se dire que « tout ça n’est qu’un roman ». Personnellement la violence ne me dérange pas, tant qu’elle paraît réaliste et que l’auteur arrive à doser de façon à ne pas trop choquer. C’est le cas pour ce roman en ce qui me concerne. Bien sûr je suis horrifiée et choquée, mais la compassion et la compréhension atténuent ce qui aurait pu être « de la violence et du gore gratuits juste pour faire de la violence et du gore ».

La fin du roman et la fin pour les personnages, ne me dérangent pas plus que ça. C’est un choix de l’auteur que je trouve surprenant et déroutant, à l’image du roman. Le dernier acte est donc sanglant, comme on pouvait s’en douter, mais la surprise vient des survivants. Alors, qui va s’en sortir ? À vous de le découvrir !

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