Bridza BM – Espoir, sors-moi du noir.

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On ne décide pas de son avenir dans la famille Rockwell. Jam se rêve écrivain mais ses parents l’imaginent avocat. Écrivain, ce n’est pas un métier… Pour le dissuader de choisir cette voie, ils l’expédient chez son parrain, un ancien auteur vivant reclus près de la mer. Cette rencontre n’aura pas l’effet attendu. Jam va découvrir l’histoire tragique de son parrain à travers des contes que le vieil homme a écrits. Entre espoir et souvenirs, rêves et réalité, lumière et obscurité, le temps n’est pas le même pour les amants quand les dés de Chronos sont pipés. Car écrire est une extraordinaire histoire d’amour, mais ce n’est pas la plus belle…

« C’est cela Jamy, la raison pour laquelle j’écrivais. Sans doute aussi pourquoi je n’écris plus… Veux-tu la connaître ? »


Mes mains en tremblent encore. Mon coeur bat la chamade. Mon esprit est quelque peu désorienté. Avant toute chose, je dois vous le dire. Ce roman est bien plus qu’un coup de coeur. Il est un coup de poing, une révélation.

J’aurais envie de m’excuser. Auprès de vous, lecteurs, qui posez vos yeux sur ma chronique. Auprès de toi, auteur, qui croisera peut-être mon écrit. Pardonnez la maladresse avec laquelle je vais essayer de traiter cette histoire. Ça ne sera pas facile.

2017 est dorénavant placé sous le signe de L’espoir. Aurais-je en ma possession LE coup de coeur de cette année en cours ? Oui, probablement. Il est très difficile d’imaginer une expérience similaire post lecture. Et pas seulement en réalité, puisque la lecture elle-même a été une expérience incroyable.

Quand ai-je croisé le regard de « Espoir, sors-moi du noir ? » ? Il y a peu. Et comme souvent, c’est sur Facebook que le premier contact a eu lieu.

Avant de poursuivre, il faut savoir que ce roman est disponible gratuitement sur Monbestseller.com. N’est-ce pas là une opportunité à saisir ? Découvrir un auteur, qui plus est talentueux, de façon gratuite, ça ne se refuse pas.

Sur la forme, nous avons affaire à une construction atypique et originale. Si « l’histoire dans l’histoire » me rebute souvent – parce que très compliqué à mettre en place sans se perdre – et bien accrochez-vous, parce que Bridza nous offre bien plus. Des histoires, dans l’histoire des personnages, de l’histoire principale. C’est une pyramide d’histoires à différents niveaux qui viennent s’emboîter les unes dans les autres.

L’histoire principale, d’abord. Jamy, un jeune homme de 18 ans désireux de devenir écrivain, dont les parents réfutent, sans possibilité de négociation, ce choix de vie. Il est envoyé chez son parrain – qu’il ne connaît pas – afin d’être remis dans le droit chemin. Si le jeune Jamy est quelque peu perdu et dans l’incompréhension de ce choix, nous, lecteurs, le sommes autant. L’intérêt pour l’intrigue est donc présent, et c’est avec délice que Bridza nous dévoile les secrets de ce personnage mystérieux qu’est le parrain.

Le second niveau, lui, s’attaque à l’histoire personnelle des personnages. Ce parrain énigmatique dévoile au compte-goutte tous ses secrets, et rapidement, personnages et lecteurs comprennent pourquoi cet homme pourrait changer le destin de Jamy. Une histoire originale, dont la construction atypique ne fait qu’augmenter l’intérêt et la curiosité du lecteur. Mais qu’a donc vécu cet homme?

Pour une raison qui vous ne connaîtrez que si vous lisez ce roman, votre lecture sera ponctuée de petites histoires courtes, à la manière de nouvelles. Bien loin d’être hors-sujets, ces histoires là déroulent le tapis de mystère qui entoure l’intrigue principale et le personnage du parrain. Une façon très originale de narrer l’histoire d’un vieil homme qui a tout à nous apprendre, sans tomber dans le pompeux ou le moralisateur. Une prouesse qui n’a pas manqué de me séduire.

Bridza tient son sujet et sait exactement vers quoi il nous emmène. Jamais il ne m’a perdue, pas une seule seconde, et pourtant, c’était un risque à prendre. Un risque qu’il a pris et qu’il a écrasé avec force, tant le fil conducteur est maîtrisé, l’histoire prenante, les personnages attachants, et l’écriture poétique. Oserais-je dire, parfaite ? Oh que oui !

Pour ceux qui me connaissent un peu, vous savez à présent à quel point un style peut faire la différence. Il est l’élément qui fait passer une histoire de « J’ai bien aimé », à « coup de coeur ». Et là il se trouve que je me suis rendue directement à la case coup de coeur.

J’ai terminé ce roman avec la vue brouillée, les joues mouillées. Ce que je viens de vivre avec Bridza et « Espoir, sors-moi du noir » est aussi beau qu’exceptionnel. Une expérience rare en tant que lectrice. J’ai envie de cet affectueux câlin qui dirait « Merci, Bridza, merci d’exister ». Ce roman vous emmène dans un endroit que vous connaissez très bien, mais dont vous ignorez beaucoup de choses: vous-même. Tout ce que vous pensez, avec la certitude d’être dans le vrai, dans le bon ou dans le juste, sera peut-être démoli. Non pas que Bridza, ou ses personnages, nous imposent leurs idées, mais bien parce qu’ils nous offrent une autre façon de penser. Quelque chose de plus beau, de plus poétique, de plus nuancé. Oui, peut-être, serez-vous chamboulé, c’est tout le mal que je vous souhaite.

Cette lecture a été un voyage. Un voyage au coeur de ce que je suis, un voyage dans mon imaginaire, et puis, un voyage tout court.


Au commencement, il y a eu ma curiosité transpercée par une flèche. J’ai été la cible d’un auteur, un écrivain, que je ne connaissais pas. Il naviguait ici et là, d’un groupe, d’une page, d’un espace à un autre. Il voguait de mers en mers laissant derrière lui une trace indélébile ponctuée d’humour, et de douceur.

Sa barque ne paraissait pas bien grande, mais après tout, mieux vaut-il un grand voilier en lambeaux, ou une petite barque étincelante de beauté ? J’ai pris place à ses côtés, le temps d’un roman. Je me suis laissée bercer par le mouvement régulier et doux, d’une barque qui vogue sur l’océan.

Rapidement je fus accompagnée d’une légère brise, chaude et douce. Elle m’a tendrement enveloppée d’une épaisse couche de ce qu’on appelle « bien-être ». Là, dans cette petite barque, je sentais le vent tourner. Définitivement, je me disais que ce que j’étais sur le point de vivre n’était pas banal. Ô combien j’avais raison. Raison et tord à la fois, car en vérité, j’étais bien loin du compte.

L’auteur m’a abandonné, me laissant les commandes de sa barque pour un temps. Après tout, c’est au lecteur de vivre l’expérience. L’écrivain n’est plus maître de son navire dès lors qu’il est jeté à la mer. Alors j’ai commencé à ramer sur l’océan, avec une facilité, une aisance et une fluidité, déconcertante.

Navigant en plein rêve, le vent s’est mis à souffler bien plus fort, et bien plus violemment. J’ai essuyé une averse de phrases magnifiquement bien tournées. De sens cachés, de sens profonds. Chaque gouttelette pénétrait dans ma peau pour aller s’échouer dans mon âme. À l’intérieur de moi, c’était la tempête. De l’orage qui résonnait dans ma tête. La foudre qui martelait mon coeur. Une averse qui s’abattait sur mes joues.

Et puis … il est revenu. Le tsunami Bridza est venu me frapper de plein fouet pour m’emporter au large, bien loin de la côte. Je ne sais combien d’heures se sont écoulées, mais elles m’ont paru si courtes, tant je ne voulais pas quitter la barque. Ça tombait plutôt bien, Bridza n’avait pas l’intention de me laisser filer. Non, il avait bien trop de choses à me dire, à me montrer. Observant les vagues se déchaîner autour de moi, je n’ai pas vu arriver l’énorme masse devant moi. Là, au milieu de la mer, alors que je croyais avoir déjà tout découvert, un ouragan d’émotions est venu me submerger pour m’embarquer avec lui et me faire tourbillonner. Nous avons dansé durant 266 pages. Une valse rythmée par les douces notes d’un style poétique, comme jamais je n’en avais entendues. Puis, à nouveau, les vagues sont venues m’éclabousser de leur beauté. La barque s’est mise à tanguer à droite. Puis à gauche. À son bord, j’étais ballottée, désorientée, et terriblement touchée. Je n’en revenais pas. Ce que je vivais là, semblait appartenir à une autre dimension, un autre monde.

Puis, le calme est revenu, aussi soudain qu’inattendu. Comme si elle savait exactement où je devais accoster, la mer m’a guidée jusqu’à la côte. Le premier pied hors de la barque fût très difficile. Je devais me résigner : le voyage était terminé. Aussi beau fût-il, il y a toujours une fin. Enfin presque. Parce que le second pied est resté dans la barque, dans mon esprit, continuent à danser poésie, mots, et pensées, à l’unisson.


Résumer ce roman revient à le dénaturer. Aucun résumé n’est possible. Il ne se résume pas, tout comme il ne se lit pas. Au pire, il se dévore, au mieux il se vit. C’est un condensé de textes sur la vie, l’amour, la solitude, l’âme soeur. Mais pas que. C’est aussi une histoire dans l’histoire de l’histoire. Concept difficile, mais admirablement bien maîtrisé. C’est également une construction originale fondée sur un concept encore plus difficile, parce qu’abstrait : l’espoir. Enfin, c’est surtout Bridza et son talent.

Un style atypique, un ovni dans tout ce que j’ai lu, mais d’une beauté inégalable dans son genre.

Parfois les mots manquent, et là, ils me manquent terriblement. C’était beau, pur, et transcendant.

Vous n’avez jamais lu un truc pareil. C’est certain.

Voici ce que je vous propose :

Un avant-goût de l’écriture poétique de Bridza, avec un extrait du roman – mon préféré.

Si cela vous a plu, je vous invite fortement à vous tourner vers le roman.

Mais Bridza, ce n’est pas que ça. C’est aussi un blog de chroniques, à l’image de son roman. Tout est beau, bien ordonné, et magnifiquement bien écrit et dit.

Bonus : La bande-annonce !

 

 

 

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