Charlie Wat – L’amour à nu

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Gaëlle rêve de devenir journaliste. Ses études terminées, elle se rend à Paris pour tenter de décrocher le job idéal. Dès son arrivée, elle rencontre Gabin, un jeune homme dont elle tombe éperdument amoureuse. Mais, bien sûr, rien ne va se passer comme prévu… Ajoutez à cela une arrière-grand-mère un peu fantasque qui lui envoie un cadeau pour le moins inattendu, et c’est toute son existence qui est chamboulée.
Après L’amour à nu, comédie romantique pétillante et originale, vous risquez de ne plus ouvrir votre boîte aux lettres de la même façon…


Vous avez peut-être déjà croisé cette couverture très girly, en vous disant que « c’est rose, c’est pour les filles ». Peut-être que vous vous dîtes la même chose, là tout de suite. Je crois surtout que vous vous dîtes que je ne sais pas où je vais avec cette chronique. Vous n’avez pas tord !

Ne partez pas ! Je n’ai pas finis. Et si je vous disais que c’est un homme qui m’a fait connaître ce livre ? Si je vous disais que ce roman cache beaucoup plus de choses qu’une simple histoire d’amour ? Si je vous disais que l’auteure, Charlie Wat, est hyper attachante dans ce roman ? Aller, restez donc un peu avant de prendre la fuite. La vie, parfois, est pleine de surprises.

Si je ne sais pas où je vais, c’est parce que j’ai beaucoup de mal à structurer mes idées. Et ça, c’est parce que j’ai commencé à lire L’amour à nu avec beaucoup d’à priori, et que l’auteure m’a gentiment bousculée. Gentiment oui, parce que outre mon attachement certain pour Gaëlle, l’héroïne, c’est surtout pour l’auteure que j’ai beaucoup de sympathie post-lecture. Son style léger m’a conquise, son histoire m’a touchée, ses mots m’ont parlée. Sous cette couverture rose, il y a du talent. Parfois, on découvre un auteur en se disant que le livre est bon, et puis c’est tout. Là je découvre une auteure en me disant que le livre est bon, et qu’en plus, il y a quelque chose. Ce petit détail, cette manière d’écrire peut-être, et même la personnalité de l’auteure, qui apporte beaucoup. C’est officiel, j’aime Charlie Wat !

Ce que j’ai terriblement adoré dans ce livre, c’est l’adresse avec laquelle l’auteure détourne les clichés typiques du genre romance. Ces clichés qui me rendent dingue parce que tellement éloignés de la réalité. Ce livre, ce sont tous mes coups de gueule réunis. Ceux que je profèrent lorsque par hasard, un jour de grippe, je tombe sur les téléfilms de l’après-midi. Vous savez ceux où la jeune femme désespérée et malheureuse rencontre le Prince charmant qui change sa vie. La fauchée qui épouse le milliardaire. La tête de turc qui fait fondre le mec le plus populaire du lycée. L’élève studieuse qui change le cancre en ours en peluche. Bref, vous voyez ?

Le roman débute sur une rencontre improbable, tout en étant banal parce que vue et revue. Mais ce que l’auteure en fait est carrément novateur et délicieux. C’est une revanche personnelle sur toutes les illusions que les Sous le soleil et autres séries m’ont fait avaler pendant des années. C’est quand je commence à me dire qu’on tombe dans le « trop beau pour être vrai » que l’auteure retourne l’histoire pour me surprendre.

Ce qui fait aussi le charme de cette histoire, c’est son héroïne. Naïve au point d’en devenir ridicule parfois, mais tellement attachante et drôle. Cette jeune femme, Gaëlle, me rappelle l’adolescente que j’étais, et sous certains aspects, elle est aussi l’adulte que je suis. J’ai l’impression que cette nana un peu déjantée, timide, et parfois gaffeuse, est mon double. Elle a été moi, comme elle sera vous. Elle est légère, fraîche, et tellement banale, que chacun se retrouve en elle. Elle croit en ce que je ne crois plus depuis très longtemps : le Prince charmant. Gaëlle cède à l’appel de ses sentiments dès le premier regard, dès la première rencontre. Sans doute possible, c’est lui l’homme de sa vie. Elle le veut, le désire, et interprète les faits. Combien avons-nous été à désirer sans pouvoir toucher ? À aimer sans être autorisé à l’exprimer ? À attendre un signe, un geste, un premier pas sans jamais qu’il n’arrive ? À se dire que peut-être les sentiments sont réciproques, qu’il ou elle va se décider. À se faire des films aussi ? Ça ne vous rappelle rien ?

Mais rien ne vient, à part la désillusion, le chagrin, et la déception. Dieu qu’elles sont justes ces émotions là, qu’elles sont poignantes ! La chute est terrible, parce que l’amour, ce n’est pas que le côté positif des choses – c’est ce que je reproche un peu aux comédies romantiques– parfois c’est douloureux. Très douloureux. Et puis vient ce désir dévastateur, ce besoin de vengeance parce qu’on souffre, qu’on en veut à la terre entière, parce qu’à l’intérieur, ça fait mal. Ce besoin que l’on a tous ressenti au moins une fois, mais que nous n’avons jamais assouvis, Charlie Wat le fait pour nous. Peut-être pas de la bonne manière. Disons que c’est osé, et que ça m’a provoqué quelques haut-le-cœur. Mais elle le fait quand même, et ça fait du bien.

La petite touche fantastique qui, là aussi, vient combler un rêve que nous avons tous. Et si nous avions la possibilité d’avoir un pouvoir surnaturel, lequel choisirions-nous ? Tout ça relève de l’imaginaire, de l’enfance peut-être, mais nous sommes forcément passés par là. On s’est posé la question au moins une fois. On vit notre rêve par procuration en devenant Gaëlle et en imaginant ce que nous, nous aurions fait à sa place.

La morale de l’histoire, ou leçon de vie qui accompagne le dénouement. Ce petit plus si cher à mon cœur, parce qu’il fait réfléchir, est présent, et c’est une surprise.  Deux personnes, deux rêves, une seule possibilité. Alors, réaliser le rêve de l’autre et être heureux de rendre heureux ? Ou réaliser son propre rêve et tant pis pour l’autre ? Aurions-nous fait comme Gaëlle ?

L’amour à nu est un conte de fée, avec sa touche fantastique, ses allures de princesse et de Prince charmant. On touche au rêve, à l’imaginaire, à l’amour. Mais surtout, on touche à la réalité qui elle, n’a rien à voir avec les contes de fée. Cette réalité cruelle qui vient nous mettre des bâtons dans les roues. Les aléas de la vie qui font que rien n’est parfait, rien n’est comme on le voudrait. J’aime ce roman pour sa nuance entre le parfait et l’imparfait. Ces clichés du genre sentimental écrasés un à un pour rendre l’histoire plus proche de la réalité, plus proche de nous.

Et cette fin qui vient définitivement boucler la boucle, qui apporte l’explication du titre. Ce titre parfaitement bien choisi, à double sens, à double raisons, lorsqu’on connaît la fin.

L’amour à nu est un livre qui va me marquer, c’est certain. Je vais garder un œil sur Charlie Wat qui à travers ce premier roman, me laisse admirative et rêveuse. Je veux la relire, dans un registre différent peut-être, qui sait ? J’ai l’intime conviction qu’elle me surprendra, encore. J’ai envie de replonger dans son univers, et vite !

J’aurais presque envie de croire à nouveau au Prince Charmant … Merci Charlie Wat.

L’amour à nu

 

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